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BIGNON Véronique

Doctorante en histoire

Sous la direction de Florent QUELLIER

Doctorat en cours

Approvisionnements alimentaires et société dans les campagnes du nord-ouest du Bas-Maine au XVIIIe siècle. 

Statut de la thèse : 

Description du sujet :
Les ventres de Paris de Steven Laurence Kaplan ou Le grand marché de Reynald Abad ont permis de comprendre les mécanismes de l’approvisionnement alimentaire de Paris sous l’Ancien Régime. D’autres chercheurs se sont penchés sur les logistiques alimentaires de grandes villes comme Caen pour Jean-Claude Perrot, Grenoble pour René Favier, Lyon pour Anne Montenach. Face à ces études approfondies du milieu urbain, nos connaissances de l’approvisionnement alimentaire de l’espace rural apparaissent bien plus modestes ce qui laisse le champ libre à de nouvelles prospections.
Le Nord-Ouest du Bas-Maine est le territoire choisi pour mener cette étude. Situé près des frontières de la Bretagne et de la Normandie, cet espace ne bénéficie pas d’une identité culturelle et alimentaire forte, contrairement aux deux provinces voisines. C’est même un lieu commun d’affirmer que le Maine serait une zone de transition un peu fade. Ainsi, aucune idée préconçue sur l’identité territoriale ne viendra gêner ces recherches. En outre, les deux frontières provinciales deviennent un atout supplémentaire pour cette exploration, ne serait-ce que par la question du sel avec la Bretagne.
Le XVIIIe siècle sera le cadre de cette enquête. La révolution agricole et démographique, l’effacement progressif du petit âge glaciaire, la stabilité monétaire plantent le décor d’un beau XVIIIe siècle qui aurait fait sortir les campagnes de « leur torpeur » ! L’exploitation sérielle de baux ruraux, de visites de montrées, de mesurées de grains, d’inventaires après décès, de mercuriales de marché, et même des cahiers de doléances doit permettre de repérer les effets avérés ou non de cette révolution dans les approvisionnements (productions locales ou arrivées de produits nouveaux comme le café ou le sucre de canne) et de poser la question de l’ouverture culturelle des campagnes pour une région à l’écart des grands axes de circulation.
Les enquêtes sérielles devront être complétées par la prospection de pièces isolées classées en série J, G ou H. De très beaux documents concernant la comptabilité d’un hôpital répartie sur dix ans, ou celles de divers nobles, fourniront des éléments précieux à la fois pour repérer les types d’approvisionnements et pour comprendre l’implication et le rôle de divers acteurs sociaux. La série B, enfin, contribuera également à enrichir le corpus grâce aux interrogatoires menés pour éclaircir les affaires judiciaires. Ces pistes ne sont pas exhaustives et seront évidemment renouvelées en fonction de l’évolution des questionnements.
En résumé, les questions qui vont guider ce travail s’orientent évidemment dans un premier temps sur l’identification des denrées présentes sur le territoire local, soit parce qu’elles y sont produites, soit parce qu’elles sont importées d’autres provinces, voire d’autres pays. Parallèlement, les voies et moyens dont disposent les habitants pour accéder à ces approvisionnements alimentaires devront être identifiés. Ainsi, une recherche sur les lieux du commerce local, boutiques, marchés et foires, sur les ventes aux enchères des fabriques ou après saisie, sur les contrebandes et, évidemment, sur l’autoconsommation constituera une part importante de cette enquête afin de comprendre comment s’articulent, se concurrencent parfois, et surtout se vivent ensemble le marché, l’autoconsommation, le don et les approvisionnements illicites. A cet égard, la situation géographique de la zone étudiée implique une investigation supplémentaire sur les zones frontalières intérieures dans une économie cloisonnée.
Pour comprendre le fonctionnement de ce type de société rurale, l’identification et le rôle de chaque intervenant dans les approvisionnements alimentaires est nécessaire : les comportements particuliers des nobles (droits seigneuriaux, gestion en direct ou délégation à un fermier général), ceux des curés (charité, dîmes), des bourgeois et des paysans aideront à reconstituer une identité locale.
La position de thèse défendue est donc d’approcher le fonctionnement de l’ensemble d’une société rurale de l’Ancien Régime par le prisme de ses approvisionnements alimentaires, d’autant que les alternances de périodes de profusion et de pénurie créent un climat anxiogène qui fait de l’accès aux subsistances une obsession lancinante largement héritée et transmise. In fine, cette démarche doit permettre de faire émerger certains aspects de l’identité alimentaire et culturelle des campagnes du Bas-Maine (trop) longtemps laissées dans l’ombre de la Normandie et de la Bretagne.

Date d'inscription :
Novembre 2015

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